Biographie

Mélanie Torok est née en 1980 à Paris d’un père hongrois et d’une mère française.

La photographe a ce désir constant de tout comprendre. Elle cherche à devenir une technicienne du domaine qui la préoccupe : la musique, le son, la photographie ou encore l’art thérapie (diplôme de musicothérapie obtenu en 2010). Si elle suit un cursus traditionnel pour ce qui est de la musique (piano au conservatoire pendant 10 ans), Mélanie Torok développe des compétences dans les autres domaines selon la voie qu’elle s’est choisie.

 

À 17 ans, baccalauréat en poche, elle part aux Etats-Unis (Seattle). Mélanie Torok cherche à la fois à s’immerger dans une culture musicale qu’elle ne connaît que de loin mais également à se trouver. Chacun de ses nombreux voyages solitaires est comme une quête initiatique vers la connaissance de soi en dehors de tout cadre.

 

De retour à Paris en 1998, elle compose ses propres morceaux et intègre le groupe de punk rock « X Syndicate » en tant que bassiste. Elle compose sur la BO du film Baise-Moi (tiré du livre éponyme de Virginie Despentes), ainsi que la totalité de l’album Up Your Kilt. Dans le même temps, elle poursuit son apprentissage de la technique du son.

2002 est une année intense : elle quitte « X Syndicate », on lui découvre une grave maladie qui implique un traitement extrêmement lourd et handicapant, malgré cela elle choisit de rester active en intégrant le groupe Toulousain « Psykup ».

En 2004, épuisée par son traitement et désireuse de trouver des alternatives à la médecine occidentale, elle rencontre les Indiens Navajos (Arizona) et leur pratique du chamanisme. Mélanie Torok poursuit ses recherches et sa route vers l’Amérique Centrale et du Sud pendant 6 mois. Un ami lui suggère de prendre des photos de ce voyage. Le médium photographique est une révélation. Si la musique était sa raison de vivre, la photo, quant à elle, devient le moyen de se réaliser seule. Son goût pour la compréhension des choses la pousse à étudier activement la technique de la photographie. Les photos de concerts, qu’elle réalise à son retour à Paris pour la presse spécialisée, seront une excellente mise en pratique de ses apprentissages.

 

À partir de 2007 elle devient technicienne audiovisuel pour le centre Georges Pompidou puis régisseuse audiovisuel au sein du Palais de Tokyo. Elle monte notamment la rétrospective de Steven Parrino « La marque noire ». Elle est également régisseuse générale au Grand Palais depuis 2015.

 

2008 marque le début de la réalisation d’une œuvre intime intitulée « La Boite Noire » qui lui prendra 4 ans. Cette installation immersive intégrant photographie, son, vidéo et sculpture est une manière pour l’artiste de synthétiser son parcours de vie, une sorte de rite de passage. L’œuvre est présentée en 2012 à Paris dans le cadre de l’exposition « Le cabaret organique » (direction artistique Nyctalopes) avec notamment Araki, C215, Jan Saudeck, Ray Caesar, Joel-Peter Wilkin…

 

Elle part régulièrement en voyage depuis 2013, respiration indispensable à l’artiste : Inde, Costa Rica, Thaïlande, États-Unis, Portugal, Norvège, Islande, Les îles Orcades. Son appareil photo ne la quitte jamais.

En 2015 elle co-réalise la musique du spectacle Le cabaret électrique du Cirque électrique et prend part aux 27 représentations en tant que bassiste.

En 2018, elle participe à l’exposition collective « Venus revolution » de Gang of Witches (commissariat Paola Hivelin), à Paris. Cette même année elle s’installe à Biarritz et décide de monter son atelier photo à Anglet afin de poursuivre professionnellement cette activité. L’artiste se forme à la photo de studio et étend ainsi ses compétences.

 

 

Démarche artistique

Le mode de production de la photographe a basculé courant 2017 lors du lancement d’une nouvelle série intitulée « Harbingers ». Avant elle prenait des photographies, à présent elle met en photo. Sa première approche a consisté à prendre tel quel ce que le paysage, la nature avaient à lui offrir tout en recherchant une forme d’esthétisme, une harmonie, un angle de vue qui se rapproche du décor pour incarner naturellement le message qu’elle souhaitait intégrer à son image. En résulte plusieurs séries chacune marquée par une homogénéité de la couleur. Les images qui les composent forment une sorte de parcours, un cheminement vers la révélation de ce message. Une manière pour l’artiste d’emmener le regardeur dans ses voyages, ses quêtes initiatiques.

Les messages que Mélanie Torok cherche à faire passer concernent notre humanité : d’où venons-nous, que faisons-nous de cette vie, de cette Terre et où voulons-nous aller ? Cela se traduit, dans un premier temps, par une photo du constat : montrer la beauté de la nature ou à l’inverse l’action de l’Homme sur elle. Pointer ainsi les choses est une manière de nous rappeler que nous faisons partie de cette nature et que nos actes l’impactent directement. Sensible aux questions écologiques, Mélanie Torok anime les consciences.

 

L’artiste considère l’image comme un mode de communication non verbal. Là où elle ne trouve pas le mot pour faire passer une émotion la photographie le lui permet. La lecture d’une image est instinctive, nul besoin de connaître une langue pour l’appréhender. Il y a quelque chose de primaire, dans l’immédiateté de la réception d’une photographie.

 

Avec la nouvelle série naît une autre façon de transmettre son message. De la photo du constat, on passe à la photo construite. Il ne s’agit plus de multiplier les clichés pour arriver à l’issue du chemin à la compréhension de ce message, mais au contraire de condenser en une image la problématique soulevée et de la rendre la plus universelle possible.

À la manière des mythes et légendes, Mélanie Torok crée des personnages, sortes d’allégories qui incarnent des présages. Inscrite dans des paysages révélateurs devenants décors, l’allégorie, par ses attributs, sa posture, rend le message universel. Par son intermédiaire, elle donne la parole à cette nature muette.

En créant ces personnages, l’artiste investit un autre champ de la création, celui du costume voire de la sculpture. On pense aux masques tribales, ou encore à ceux des chamans. Il n’est d’ailleurs pas étranger que chaque personnage fasse référence à un animal. Sa photographie se densifie et à l’avenir il est probable que d’autres matières l’intègrent.

Ainsi chaque photo de ce nouveau travail est élaborée comme une scène de cinéma. Tout est scénarisé, rien n’est laissé au hasard : lumière, couleur, angle de vue, costume, posture…

La série « Harbingers » cherche à capter le plus grand nombre par l’utilisation d’un mythe moderne touchant l’inconscient collectif.

 

Pour ces deux approches de la photographie, des constantes existent : la recherche esthétique, la révélation de la beauté de la nature, l’importance accordée au décor, la transmission d’un message, la mobilisation des consciences.

 

Mélanie Torok est en quête d’une spiritualité holistique. Elle tente ainsi la création d’une mythologie contemporaine dotée de personnages incarnés en phase avec notre société actuelle de manière à impacter le plus directement possible l’Homme.

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Biography

Mélanie Török was born in Paris in 1980. Her father was originally from Hungary; her mother was born in France.

She is a photographer with a constant desire to understand everything. Her goal is technical mastery of every field she works in: music, sound, photography, and even art therapy (she earned a music therapy diploma in 2010). Although she followed a traditional curriculum in music (studying piano at the conservatory for 10 years), she developed skills in other fields according to the path she has chosen.

 

At age 17, after graduating from high school, she moved to the United States (Seattle). She wanted to immerse herself in a musical culture that she knew only from afar, while simultaneously seeking self-discovery. Each of her numerous solitary journeys is like an initiatory quest towards self-knowledge, outside of any formal structure.

 

Returning to Paris in 1998, she composed her own songs and joined the punk rock band "X Syndicate" as bassist. She composed music for the soundtrack of the film Baise-Moi (from the eponymous book by Virginie Despentes), as well as the entire album Up Your Kilt. Simultaneously, she learned about sound engineering.

 

2002 was an intense year: she left "X Syndicate" after discovering that she had a serious disease that involved an extremely intense and disabling treatment. Nevertheless, she decided to remain active by joining the group "Psykup", based in Toulouse (southern France).

 

In 2004, exhausted by her treatment and eager to find alternatives to Western medicine, she visited the Navajo Indians (Arizona, USA) and learned about their practice of shamanism. Mélanie continued her quest and her journey, travelling to Central and South America for 6 months. A friend suggested that she takes pictures of this trip. The medium of photography was a revelation to her. If music was her reason for living, photography became her path to self-realisation. Her taste for understanding things pushed her to actively study photographic techniques. Upon her return to Paris, she took pictures of concerts for the specialised press, successfully applying what she learned.

 

Starting in 2007, she became an Audiovisual Technician for the Centre Georges Pompidou, then Audiovisual Director at the Palais de Tokyo. Her responsibilities included the Steven Parrino retrospective "La Marque Noire". She has also been Technical Manager at the Grand Palais since 2015.

 

In 2008, she began to create an intimate work entitled "La Boite Noire (The Black Box)" which took 4 years to finish. This immersive installation integrating photography, sound, video and sculpture, was a way for her to summarise her life's journeys, a kind of rite of passage. The work was presented in 2012 in Paris as part of the exhibition "Organic Cabaret" (art direction by Nyctalopes) which also featured Araki, C215, Jan Saudek, Ray Caesar, Joel-Peter Witkin, and others.

 

She has voyaged regularly since 2013, an essential breathing for the artist: India, Costa Rica, Thailand, United States, Portugal, Norway, Iceland, the Orkney Islands. Her camera is always at hand.

 

In 2016 she co-produced the music for the show Le cabaret électrique at the Cirque électrique and participated in 27 performances as bassist.

 

In 2018, she participated in the collective exhibition "Venus revolution" by Gang of Witches (curated by Paola Hivelin), in Paris. That same year she moved to Biarritz (southwest France) and decided to set up her photo studio in Anglet to pursue this activity professionally. She works in the studio, constantly improving and extending her techniques.

Creative process

During 2017, her approach to producing photographs changed, with the launch of a new series entitled "Harbingers". Before she took photographs, now she scripts the images. Her initial approach was to take what the landscape or nature had to offer, on its terms, while seeking a form of aestheticism, harmony, and angle of view that are appropriate for the scene, to naturally embody the message she wanted to integrate into her image. This led to several series, each characterised by homogeneous colours. The images composing them form a kind of journey, a journey towards the revelation of this message. This allows the artist to take the viewer along on her travels, her initiatory quests.

 

Mélanie Török wants to convey messages concerning our humanity: where do we come from, what do we do with this life and this Earth, and where do we want to go? This is incarnated, initially, in a photograph reflecting the observation: to show the beauty of nature or, conversely, man's effects on nature. This system of expression is a way of reminding us that we are part of this nature and that our actions directly impact it. Sensitive to ecological issues, she stimulates people's consciences.

 

The artist considers the image as a non-verbal mode of communication. When she does not find the words to convey an emotion, this can be accomplished through photography. It is instinctive to interpret an image; there is no need to speak a language to understand it. There is something primary in the immediacy of looking at a photograph.

 

With the new series, Mélanie Török has adopted another way to transmit her message. From the photograph that describes something, she has passed to a constructed image. It is no longer a question of using many photos to ensure understanding of the message, but, on the contrary, of condensing the issue into a single image and making it as universal as possible.

 

As with myths and legends, Mélanie Török creates characters, allegories that embody portents. Integrated with evocative landscapes that become a backdrop, the allegory, by its attributes, its stance, makes the message universal. This allows her to give a voice to an otherwise silent nature.

 

By developing these characters, the artist explores other domains of creation: costumes, or even sculpture. It makes one think of tribal masks, or those of shamans. It is finally not surprising that each character refers to an animal. Her photography is becoming more and more dense and, in the future, it is likely that it will include other materials.

 

Thus, each image in this new work is prepared like a scene from the cinema. Everything is scripted; nothing is left to chance: light, colour, perspective, costume, posture...

 

The "Harbingers" series seeks to captivate as many people as possible via a modern myth about the collective unconscious.

 

There are elements common to these two photographic approaches: aesthetic exploration, the revelation of the beauty of nature, the importance of decoration, the transmission of a message, the mobilisation of consciences.

 

Mélanie Török is seeking a holistic spirituality. She is thereby attempting to create a contemporary mythology with characters incarnated in line with our current society, so as to have the most direct impact on humankind.